Culture

Mon Viêt Nam : de l’adoption d’un fils à celle d’un pays

Dans son livre, Claude Coudert livre un magnifique témoignage de son parcours d’adoptante. Écrit au jour le jour, chaque page distille son amour grandissant pour son fils, mais aussi pour ce pays qui finira également par l’adopter à son tour, malgré les obstacles et les difficultés rencontrées.

Mon Viêt Nam : un témoignage touchant sur l’adoption

À la rencontre d’un fils

Claude Coudert a 35 ans quand elle décide d’entamer les démarches en vue de l’adoption d’un enfant. Secrétaire médicale célibataire, elle se lance avec force et détermination dans le long combat des procédures administratives en vue d’obtenir son agrément d’adoptante, sans idées préconçues sur l’origine de l’enfant à qui elle ouvrira ses bras et son cœur pour le restant de ses jours.

C’est vers le Vietnam qu’elle s’envolera finalement, en famille, presque par hasard. Un hasard qui modifiera sa vie à jamais.

Ses démarches la mènent vers Hô Chi Minh-Ville (anciennement nommée Saïgon). C’est dans cette ville particulièrement animée et vivante que l’attend déjà son fils.

On est en novembre 1992, le Vietnam ne s’ouvre pas encore au tourisme. Les formalités et les démarches n’en sont que plus difficiles à réaliser.

L’orphelinat : une vie qui bascule et s’enrichit

Son fils, à peine vu pour la première fois, est déjà destinataire de tout son amour maternel. Mais ce sont de nouvelles épreuves qu’il va falloir affronter. Parmi celles-ci, laisser ce fils, et le lien qui commence à peine à se créer, dans un orphelinat le temps que tout soit régularisé.

L’épreuve est douloureuse.

Alors chaque jour, autant que cela est possible, Claude Coudert va se rendre dans cet orphelinat pour passer du temps avec son fils, mais pas seulement. Là-bas, ce sont des liens qui vont se créer avec les autres enfants. Les enfants « facilement » adoptables comme ceux frappés de handicaps. Ce sont aussi des liens avec l’équipe de l’orphelinat. En tant qu’Occidentale arrivant en Asie, elle aurait pu poser un œil critique sur les soins offerts aux enfants, soins si différents de ceux auxquels elle aurait pu s’attendre à trouver en France, mais c’est tout l’inverse qui se produit. Claude Coudert observe, apprend, tente de restituer. Elle veut par-dessus tout que son fils soit au plus proche de son pays de naissance, jusqu’aux gestes qui le soignent et l’entourent. La transmission est réciproque et rapidement l’orphelinat devient un second foyer.

L’adoption concrétisée, Claude Coudert se promet de revenir un jour dans cet orphelinat et donner à son tour de son temps et de son amour aux enfants des autres comme aux enfants « de personne », mais également offrir de la joie et de l’attention à ces enfants handicapés qu’elle aime déjà tant.

Depuis, elle honore régulièrement sa promesse et vient passer de longs séjours à Hô Chi Minh-Ville. Chaque séjour est l’occasion d’approfondir ses connaissances sur la culture du Vietnam qu’elle tient à transmettre le plus fidèlement possible à son fils. C’est également l’occasion de belles rencontres au point de se sentir bientôt « adoptée » à la fois par la famille chez qui elle prend l’habitude de loger que par le pays lui-même.

Mon Viêt Nam : l’adoption réciproque d’un pays de cœur

Un livre de rencontres qui vous touchent au cœur

Dès que Claude Coudert et ses parents posent les pieds au Vietnam, elle n’est plus seule.

C’est le départ d’une suite de nouvelles rencontres toujours plus enrichissantes les unes que les autres et toujours humainement incroyables.

Dans ce livre-témoignage, nous partons aux côtés de l’autrice à la rencontre d’un pays à la fois authentique et bienveillant, curieux et accueillant, et de ses habitants pour qui l’arrivée d’une femme française donnant tout pour se fondre au plus près d’eux, et ainsi se rapprocher toujours plus de son fils, ne laisse pas indifférent.

Claude Coudert est ainsi vite adoptée par la famille chez qui elle va loger le temps d’un premier séjour dans le Delta du Mékong.

À ses côtés, nous sommes immergés dans cette région magnifique, dans cette pension de famille fleurie et charmante. Nous l’accompagnons dans les moments de fête qu’elle va partager avec la famille qui lui a ouvert les bras. La plume de l’auteur nous rend ces moments si proches que nous avons la réelle impression de vivre tous ces instants, nous-mêmes, auprès d’eux.

En apprenant la langue, les gestes, les coutumes et la culture dans son ensemble, c’est un respect réciproque qui va se créer entre Claude Coudert et sa famille d’accueil. Un partage rare qui ne peut avoir lieu que si on est prêt à donner au moins autant que ce que l’on reçoit.

L’autrice nous partage chacun de ces moments sans faux semblants. Car tout n’est pas toujours facile et évident quand on se retrouve à plus de 10 000 km de chez soi, dans un pays dont on ne connaît, au départ, ni la langue ni la culture.

Elle nous partage également le temps qu’elle va offrir aux enfants, en réponse à la promesse qu’elle s’était faite en adoptant son fils.

Un livre de partage et d’amour pour les enfants

Respectant la promesse qu’elle s’était faite en 1992, Claude Coudert va en effet multiplier les séjours au Vietnam. Durant ces séjours, en plus de partager la vie de la famille vietnamienne qui l’a « adoptée », elle a décidé de retourner dans l’orphelinat qui avait hébergé son fils avant son adoption, pour donner de son temps avec les enfants et prendre soin d’eux autant qu’elle le peut.

Dans l’orphelinat, elle retrouve le personnel avec qui elle va travailler et apprendre toujours plus, mais aussi les enfants qu’elle voit grandir d’année en année, quand ils n’ont pas trouvé de famille pour les adopter.

Ceux avec qui elle aime particulièrement passer son temps et offrir tout son amour inconditionnel, ce sont les enfants en situation de handicap. Elle leur donne sans compter. Elle s’en occupe dans tous les soins du quotidien, avec les femmes chargées de cette tâche, et elle illumine leur journée par les activités qu’elle organise avec eux, par les moments de tendresse qu’elle offre, tout simplement.

C’est aussi dans ce don de soi et cette nécessité de venir en aide aux enfants qu’elle fonde l’association « Fleurs des Rizières », qu’elle va présider pendant 12 ans. Cette association, réunissant des Vietnamiens résidants en France, des parents qui ont adopté ou souhaitent adopter des enfants vietnamiens ou tout simplement des amoureux du Vietnam, œuvre pour les enfants défavorisés du sud du Vietnam.

Ce livre n’est donc pas qu’un simple témoignage, c’est un partage, deux bras qui s’ouvrent pour enlacer un fils, un pays, une famille bienveillante et accueillante. C’est une vibration, celle du don de soi, de l’acceptation de l’autre dans toute sa différence. C’est aussi un voyage, dans un pays qui nous livre ses secrets intimes. Ceux qu’un simple séjour ne nous permettrait pas de connaître à moins d’avoir la chance inouïe de faire d’aussi belles rencontres que celles qu’a pu faire Claude Coudert. Il ne nous reste plus qu’à espérer avoir un jour la chance de pouvoir à nouveau l’accompagner dans ses nouvelles rencontres, le long des nouveaux sentiers qu’elle empruntera, à pied ou à bicyclette, dans une suite qui mériterait d’être écrite.

Mon Viet Nam, Claude Coudert
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